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Hanibal Lecter - J'écrirais ou pas ?

Publié par dans Avis d'auteur ·
Hier soir j'ai regardé Dragon Rouge, le dernier film avec le personnage d'Hannibal Lecter, mais le second des quatre romans bâtis autour ce personnage.

Première question : aurais-je pu écrire un roman de ce genre ?
Techniquement, oui, mais psychologiquement et intellectuellement, aurais-je eu toutes les facultés et les envies nécessaires ?
Cette fois la réponse est clairement non. Pas seulement parce que ma formation de technicien et d’ingénieur m’interdisent certaines approximations, mais aussi et peut-être surtout parce que je ne perçois pas la nécessité de pousser les perversions humaines au-delà de ce qu’elles sont. Le monde réel me semble déjà bien assez peuplé de fous et de tarés sans qu’il soit vraiment indispensable d’aller au-delà. Je préfère, et de loin, écrire autour de personnages tels que chacun de nous peut en croiser chaque jour, ses amis, ses voisins, ses collègues de travail, ou encore sur les malfrats ordinaires que nous proposent les faits divers. Des petits brigands, des gangsters violents, des trafiquants et autres, le plus souvent des gens ordinaires que la vie, la paresse ou des prédispositions psychologiques ont poussé vers l’envers du décor.

Ce constat fait, ma seconde question est évidemment :
Pourquoi ai-je regardé ce film jusqu’à la fin ? Pourquoi ne suis-je pas le seul, et de loin ? Pourquoi les romans sur ce thème se vendent-ils si bien, bien mieux que d’autres plus exigeants et plus subtils ?
De ma part il y a indiscutablement de la curiosité, le besoin d’analyser ce qui me différencie de cet autre auteur qui a, lui, un succès mondial. Je fais aussi ce genre de comparaison avec d’autres auteurs, moins morbides, mais est-ce ma seule motivation ? N’y a-t-il pas, chez moi aussi, un peu de la curiosité plus ou moins malsaine qui attire tant de spectateurs ?
En tant qu’auteur, la question me semble cruciale. Elle m’oblige à me demander si je dois écrire selon mes sentiments et ma propre vision du monde qui m’entoure ou aller au-delà et m’abstraire de ce dernier et de ses contraintes. Dois-je écrire un roman fantastique qui ressemble à un roman policier ou un roman policier dont les personnages n’ont rien de fantastique ? Écrire une autobiographie fantasmée ou fantasmer autour d’une autobiographie réaliste ? Écrire pour des lecteurs ou écrire pour communiquer ce que je ressens et vis au quotidien ?

À la réflexion je n’ai probablement aucune envie de proposer au lecteur autre chose que ce que je ressens, de décrire un autre monde que celui qui m’entoure et dans lequel nous vivons tous. Je le crois même suffisamment plein de défauts et peuplé d’assez de créatures  monstrueuses pour laisser à d’autres le soin de l’imaginer pire qu’il n’est déjà.




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